Dépistage et prévention du cancer du col de l'utérus

Le cancer du col de l’utérus est une maladie préoccupante qui peut être efficacement prévenue grâce à des programmes de dépistage et de prévention. L’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) au Québec a récemment actualisé ses lignes directrices concernant le dépistage du cancer du col de l’utérus, mettant désormais l’accent sur l’utilisation du test de dépistage du virus du papillome humain (VPH).

Le contexte du cancer du col de l’utérus

Ce cancer se développe dans les cellules du col de l’utérus, principalement en raison d’infections persistantes par certains types de VPH. Bien que ces infections soient courantes et souvent résolues spontanément, les infections persistantes peuvent provoquer des modifications précancéreuses et cancéreuses des cellules cervicales.

Le VPH est l’une des infections sexuellement transmissibles les plus courantes dans le monde entier. On estime que 70 à 80 % des hommes et des femmes sexuellement actifs seront infectés par le VPH à un moment donné de leur vie.

Selon la Société canadienne du cancer, on estime qu’en 2024, 1600 Canadiennes recevront un diagnostic de cancer du col de l’utérus et que 400 en mourront.

L’évolution des méthodes de dépistage : Du test Pap au test de VPH


Le test Pap (Papanicolaou)

Pendant plusieurs décennies, le test Pap a été l’examen de référence pour le dépistage du cancer du col de l’utérus. Ce test consiste à prélever des cellules du col de l’utérus lors d’un examen gynécologique pour les examiner au microscope à la recherche de cellules anormales qui pourraient indiquer des modifications précancéreuses ou cancéreuses. Le test Pap a contribué de manière significative à la réduction des taux de cancer du col de l’utérus grâce à la détection précoce des anomalies cellulaires. 

Le test de dépistage du VPH

Le test de dépistage du VPH est la nouvelle méthode recommandée par l’INESSS pour le dépistage du cancer du col de l’utérus. Ce test détecte la présence d’ADN du virus du papillome humain (VPH) dans les cellules du col de l’utérus, ce qui permet d’identifier les infections par des types de VPH à haut risque avant même que des modifications cellulaires ne surviennent.

Ce test est plus sensible que le test Pap et peut donc identifier plus précocement les femmes à risque de développer un cancer du col de l’utérus.

Le test de VPH est recommandé tous les cinq ans pour les femmes âgées de 25 à 65 ans, contrairement au test Pap, qui était recommandé tous les trois ans.

Comprendre les types de VPH : Haut risque vs. Faible risque

Il existe plus de 100 types de VPH, mais tous ne présentent pas le même niveau de risque pour la santé.

  • Les types de VPH haut risque (notamment les types 16 et 18) sont responsables de la majorité des cancers du col de l’utérus. Les infections par ces types de VPH peuvent provoquer des modifications cellulaires prémalignes ou malignes si elles persistent.
  • Les types de VPH à faible risque (comme les types 6 et 11) sont généralement responsables de lésions bénignes telles que les verrues génitales ou condylomes. Ils ne causent pas de cancer, mais peuvent être incommodants et nécessiter un traitement.


Le processus de suivi des anomalies

Si le test de VPH révèle une infection par un type à haut risque, des tests complémentaires sont nécessaires pour déterminer la présence de lésions précancéreuses. Un test Pap est fait en complément pour examiner les cellules cervicales en détail. Par la suite, une colposcopie, un examen plus approfondi du col de l’utérus avec une loupe spéciale et une biopsie du col pourraient être nécessaires.  La colposcopie et la biopsie du col sont des interventions faites par des gynécologues.

Les mesures préventives

Outre le dépistage régulier, la prévention demeure cruciale. La vaccination contre le VPH est le meilleur moyen de se protéger. Au Québec, elle est offerte gratuitement aux élèves de 4e année du primaire.  Elle est gratuite jusqu’à l’âge de 20 ans et chez les adultes qui sont immunosupprimés. Elle est recommandée, mais non gratuite, chez les adultes de 21 à 45 ans. Les adultes de plus de 45 ans qui souhaitent réduire leur risque de nouvelles infections par des VPH inclus dans le vaccin sont aussi admissibles à la vaccination.

Le vaccin peut être administré à une personne ayant déjà contracté une infection par un VPH ou qui a déjà eu une lésion liée à un VPH (condylome ou test de dépistage anormal), car l’immunité est spécifique au VPH contracté et n’est pas toujours acquise après une infection naturelle.

Gardasil9 est le vaccin le plus couramment utilisé.  

Il protège contre neuf types de VPH différents :

  • Types de VPH à haut risque : 16, 18, 31, 33, 45, 52, et 58. Ces types sont les plus souvent associés aux cancers du col de l’utérus ainsi qu’à d’autres cancers génitaux.
  • Types de VPH à faible risque : 6 et 11. Ces types sont principalement responsables des verrues génitales.

Afin de réduire le risque de contracter un VPH, il est recommandé d’avoir des pratiques sexuelles sécuritaires, soit en utilisant des préservatifs et en limitant le nombre de partenaires sexuels.

L’importance de l’éducation et de la sensibilisation

Informer les femmes sur la nécessité du dépistage régulier et les avantages de la vaccination est essentiel pour réduire l’incidence du cancer du col de l’utérus. Les campagnes de sensibilisation peuvent aider à atténuer la stigmatisation autour de la vaccination et encourager une participation accrue aux programmes de dépistage.

Les nouvelles lignes directrices de l’INESSS représentent une avancée significative dans la lutte contre le cancer du col de l’utérus. En mettant l’accent sur le dépistage par test de VPH, nous pouvons détecter et traiter les infections à haut risque plus efficacement. La combinaison de la vaccination, du dépistage régulier et de l’éducation de la population est cruciale pour protéger la santé des femmes.

Rendez-vous sur le site de l’INESSS pour plus de détails et consultez votre professionnel de la santé pour obtenir des conseils personnalisés et adaptés.