L'anxiété

L’ANXIÉTÉ, QU’EST-CE QUE C’EST?

L’anxiété est une émotion qui permet à la personne de faire face à une menace en fuyant, en luttant ou en figeant. Elle a donc un rôle
protecteur et utile et est relativement de courte durée. La personne revient à un état normal une fois la menace passée. Dans le cas de l’anxiété pathologique, cette émotion est décrite comme disproportionnée, désagréable, et combine des pensées anxieuses (anticipations, croyances, inquiétudes, doutes, craintes), des symptômes physiques (le cœur bat vite et fort, tremblements, respiration plus difficile, transpiration, mains moites, muscles tendus) et comportementaux (évitement). Ceci provoque une détresse chez la personne et des difficultés de fonctionnement.

LES DIFFÉRENTS TYPES DE TROUBLES ANXIEUX

Il existe différents types de troubles anxieux qui se distinguent selon ce qui déclenche l’anxiété, son intensité et sa durée.

Le trouble d’anxiété sociale

Dans le cas du trouble d’anxiété sociale, l’anxiété se déclenche lors d’une situation sociale, par exemple :

  • lors d’interactions sociales (conversation, rencontres);
  • lorsqu’on est amené à performer (parler devant les gens);
  • lorsqu’on est observé (manger, écrire devant les gens).

L’anxiété sociale est le trouble anxieux le plus commun dans la population, le taux de prévalence se situe autour de 7 %. Ce trouble affecte deux fois plus les femmes que les hommes.

L’âge cible du début des symptômes est environ 13 ans (de 8 à 15 ans). 


Le trouble panique

Dans le cas du trouble panique, l’anxiété survient sans déclencheur identifiable et atteint son pic en quelques minutes. La personne peut croire qu’elle a une crise cardiaque ou qu’elle va s’évanouir. L’épisode s’estompe habituellement en moins d’une heure, laissant un sentiment de fatigue et d’épuisement. La personne craint la survenue d’autres épisodes non prévisibles dans le futur et se met à éviter toutes sortes de situations. Elle développe ainsi une peur d’avoir peur. Le trouble panique est à distinguer d’une attaque de panique qui peut survenir dans le cadre d’autres troubles (trouble d’anxiété sociale, trouble de stress post-traumatique, trouble dépressif, etc.). Plus de 30 % de la population a déjà présenté une attaque de panique, alors qu’environ 2 à 3 % de la population vivent avec un trouble panique. Ce trouble affecte surtout les femmes, quoique l’incidence chez les hommes est en augmentation. L’âge de début du trouble se situe entre 20 et 24 ans. 

L’agoraphobie

L’agoraphobie accompagne parfois le trouble panique et lorsqu’elle se manifeste, les symptômes apparaissent habituellement dans
l’année qui suit l’apparition des attaques de panique. La personne qui présente de l’agoraphobie a une peur marquée ou une anxiété par rapport par exemple à l’utilisation des transports en commun, les endroits ouverts (stationnement, supermarché, pont), les endroits fermés (théâtre, cinéma, etc.), sortir de la maison non accompagnée, être dans une foule ou attendre en ligne. Souvent, cette peur est liée au fait que la personne craint de ne pas pouvoir se sortir facilement ou de ne pas trouver de l’aide en cas d’une attaque de panique ou d’autres symptômes embarrassants. L’âge médian d’apparition est 17 ans, et autour de 25-29 ans si sans trouble panique ou attaque de panique.

Le trouble d’anxiété généralisée

Dans le cas du trouble d’anxiété généralisée, l’anxiété est presque toujours présente et elle concerne plusieurs sujets habituellement mineurs. La personne s’inquiète de tout : du futur, de sa santé, de ses relations, de ses finances, etc. Cette inquiétude sera perçue comme démesurée et prendra beaucoup de temps dans la journée, affectant la capacité de la personne à fonctionner. On y réfère souvent comme une intolérance à l’incertitude.

Ce trouble touche entre 5 à 10 % de la population et affecte deux fois plus les femmes que les hommes. Sa fréquence s’accroît avec l’âge,
avec un âge d’apparition autour de 31 ans (de 20 à 47 ans). 

La phobie

Dans le cas de la phobie spécifique, l’anxiété se déclenche par le contact avec ce qui fait peur, comme les animaux, le sang, les
injections. Ceci peut faire suite à un événement traumatique (vécu ou observé), la transmission d’information ou une attaque de panique dans la situation crainte.

La prévalence de la phobie chez les enfants est de 5 %, 16 % chez les 13-17 ans et 3-5 % chez les adultes. Elle affecte davantage les femmes (ratio 2:1), et se développe généralement entre 7 et 11 ans.

Il est plutôt la norme qu’une personne ayant un trouble anxieux présente également un trouble comorbide dont bien souvent un autre trouble anxieux ou dépressif ou encore un trouble lié à l’utilisation de substances. Par ailleurs, certaines conditions médicales pourraient sous-tendre certains symptômes anxieux ou somatiques, d’où l’importance d’une bonne évaluation médicale.

Aussi, l’apparition du trouble anxieux à un âge plus ou moins avancé, surtout chez une personne avec peu ou pas d’antécédents personnels, pourrait être un indice d’un problème médical sous-jacent. Un trouble neurocognitif léger ou même une démence peut d’abord se manifester par une augmentation de l’anxiété. Chez la femme, le période de la périménopause et de la ménopause est souvent accompagnée de symptômes d’anxiété.

CE QUE L’ANXIÉTÉ N’EST PAS?

  • Se sentir nerveux lors d’évènements stressants comme un examen, une entrevue pour un nouvel emploi, une présentation orale, une épreuve sportive, etc. ou lors de changements de vie importants comme par exemple, un mariage, un divorce ou la naissance d’un enfant.
  • D’être gêné ou timide dans certains contextes. Dans ces cas, l’anxiété est liée à des événements particuliers et disparaît généralement quand la situation préoccupante revient à la normale. 


QUELS SONT LES TRAITEMENTS?


La psychothérapie

La psychothérapie vise d’abord une compréhension de l’anxiété, des facteurs prédisposants et précipitants ainsi que des facteurs de maintien (évitement, comportements sécurisants). Elle aide la personne à mieux comprendre les manifestations de celle-ci dans sa vie et des mécanismes pour la contrôler. Elle aide à changer la façon de penser et peut aider la personne à se structurer et graduellement reprendre les activités délaissées. Elle peut aider à cerner le sens que la personne donne aux événements de la vie, et l’aider à développer ses ressources personnelles, ses valeurs et ses besoins, ou reprendre contact avec eux. 

La médication

Les troubles anxieux peuvent être traités par de la médication (généralement les antidépresseurs sont considérés comme le
traitement de première ligne), de la psychothérapie, ou une combinaison des deux. La médication réduira l’intensité et la fréquence des symptômes ce qui va soulager la personne. De plus, elle est parfois nécessaire afin que l’individu puisse bénéficier des approches psychothérapeutiques.

QUELQUES SUGGESTIONS:


 Éviter les stimulants (café, thé, boissons gazeuses, chocolat, boissons énergisantes, etc.) et les substances (alcool et drogues).

 S’assurer d’avoir une bonne alimentation et un sommeil réparateur. La fatigue n’aide pas le rétablissement.

 Essayer d’affronter. Lorsqu’on tente d’éviter des situations qui provoquent l’anxiété, on empire l’anxiété.

 Rester actif et faire de l’exercice au moins trois fois par semaine pour une durée moyenne de 30 minutes à chaque fois.

 Apprendre le contrôle de sa respiration. Par exemple pratiquer la respiration « en carré » plusieurs fois par jour pour quelques minutes : Inhaler quatre secondes, garder les poumons pleins quatre secondes, expirer lentement sur quatre secondes et garder les poumons vides quatre secondes avant de recommencer.

 N’attendez pas de ne plus être capable de faire vos activités habituelles avant de consulter un professionnel de la santé.


Pour en savoir plus sur nos services de santé et bien-être mental, parlez-en à votre médecin ou contactez-nous.


*Les informations contenues dans cette fiche ne remplacent en aucun cas les conseils d’un professionnel de la santé et sont fournis à
titre d’information seulement.